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Archicréé n°
305 -11/02
Usine de microtechniques à Gals (CH)
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Surtoiture paysagère
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En matière d'architecture, la commande idéale
n'existe pas. Mais il y a parfois des exceptions, comme cette usine de
microtechniques, située entre les lacs de Bienne et de Neufchatel,
dans la région de l'industrie horlogère et des activités
de haute précision. "La commande, était directe, raconte
Jean-Luc Crochon, l'architecte. Elle émanait d'un industriel qui
voulait regrouper sous le même toit ses deux entreprises, tout en
soignant l'image de sa société. C'était un vrai cas
d'école et nous étions face à une page blanche :
introduire un bâtiment de 6000 m2 dans un site exceptionnel, entouré
de terres agricoles inconstructibles, aux confins d'une colline boisée.
Le rapport d'échelles entre un édifice d'une telle dimension
et le cadre rural s'avérait donc pour le moins délicat..."
Ancrage dans le site
Le jeune maître d'ouvrage, bien conscient de cette difficulté
redoutait le pire: un bâtiment de type "grosse boite à
chaussure'~ Mais comment parvenir à l'éviter sur ce terrain
plat, sans rien à quoi se raccrocher? Il fallait trouver autre
chose. Restait il est vrai dans le site, en toile de fond, la colline
du Mont Joli.
C'était là, la solution : s'en servir comme référent.
En basculant la vaste toiture parallèlement à la pente
de la colline, le futur bâtiment venait tout naturellement s'intégrer
dans son environnement. L'on parvenait ainsi à gommer la pré
gnance de son impact et à préserver le paysage. Seule
la vision aérienne ferait ressortir l'ampleur de l'emprise et
c'était sans conséquence, étant donné la
configuration du terrain. Quant à la vue depuis le Mont Joli,
elle ne laisserait paraître que la longue façade vitrée
du centre de microtechniques, sans aucun effet de masse.
Surtoiture
Une fois acquise l'idée de la vaste toiture inclinée,
restait à la concevoir. Il était évident qu'elle
constituait l'élément phare du projet et qu'elle se devait
d'être à la fois très performante et esthétiquement
parfaite. L'enjeu était de taille:
l'objet mesurait 120 m de long! Le spectaculaire résultat n'a
nécessité pourtant qu'une mise en oeuvre assez simple
! Une toiture classique -en bacs-acier nervurés supportés
par une charpente métallique structurelle - sur laquelle vient
reposer, à l'aide de plots ménageant un espace intersticiel,
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| en boucle sous la partie basse de la toiture, puis deux grandes
halles de production et de montage, ensuite les espaces ateliers, démonstration,
salle blanche et noyaux techniques avec leur centre d'usinage et leur
stockage communs; enfin, le long de la façade vitrée, les
espaces tertiaires et la cafétéria. Astucieusement, la géométrie
du terrain et l'inclinaison du toit permettaient de séparer le
flux VIP et d'offrir à une clientèle choisie la possibilité,
en venant se garer de façon un peu spectaculaire sur le parvis
ménagé en toiture, d'accéder directement à
l'étage, sans aucun contact avec les flux du rez-de-chaussée.
La manière suisse
Les Suisses ont la qualité dans la peau et n'hésitent
pas à payer le prix pour l'obtenir. Cette élégante
usine, simple et pérenne en est l'illustration. Beaucoup de soin
a été porté à sa mise en oeuvre. Ses façades
sont de deux types en bardage ondulé thémolaqué
noir pour réduire l'impact dans le paysage de la partie ateliers,
et en tôle plane d'aluminium anodisé pour la zone bureaux.
Côté ouvertures, elles alternent un jeu de grands châssis
vitrés fixes toute hauteur (2,40 mx 3,50 m), de fenêtres
d'angles montées sur chassis haut dans le panneau lui-même
afin d'alléger la façade et des ouvrants de ventilation
à bascule. Pour l'aménagement intérieur, les architectes
se sont donné des règles tout ce qui a rapport au sol
est en béton.
Tout ce qui dépasse du sol ou n'est pas en béton, est
métallique, excepté le plafond en bois du hall.
Et comme en Suisse, on préfère dépenser plus dans
la matière que dans la main-d'oeuvre, les dalles de planchers
sont pleines, les poutres noyées dans le béton et le dessous
des dalles, en béton brut, simplement lissé. La manière
de travailler suisse diffère de la méthode française.
L'architecte jouit d'un pouvoir important, les marchés ne sont
pas tous lancés en même temps. L'estimation générale
de départ est donc primordiale car l'on commence à travailler
tout en poursuivant les études. A Gais, l'avancée du travail
a été d'autant plus rapide qu'il s'opérait dans
le monde industriel dont le milieu est plutôt direct. Jean-Luc
Crochon et Cuno Brullmann ont collaboré en équipes avec
constructeur et ingénieurs hélvétiques, chargés
du suivi du chantier.
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| une surtoiture constituée de bacs recouverts de plaques
en tôle inox. Le raffinement provient d'un simple problème
de dimensionnement : du fait d'une différence de 30 cm entre les
largeurs respectives des bacs-acier (90 cm) et des tôles inox (1,20
m), il a fallu plier ces dernières. Et ce sont ces pliures qui
confèrent ~ la surtoiture son élégance.
Organisation performante
L'usine de Gals s'adresse à une clientèle de fabricants
de portables, l'équipementiers automobiles
de concepteurs de robots pour micro-soudage ou micro-dosage. équipée
de petites chaînes Je montage, elle produit pour les industriels
du surmesure et des prototypes dont la précision
est au demi-micron près. Face à la concurrence, il était
important, pour le maître d'ouvrage, que le bâtiment fédérant
ses deux entreprises, remplisse deux missions:
exprimer leur image de technologie de pointe, d'exigence, de précision,
de durabilité et de qualité, et surtout, être un
outil capable de mettre leurs espaces en synergie et de les valoriser
tout en en préservant les spécificités. La présence
des deux sociétés plaidait en faveur d'un plan symétrique.
Le bâtiment rectangulaire, organisé de part et d'autre
d'un accès central, se compose longitudinalement de quatre bandes
Qarallèles d'activités distinctes côté route,
la zone des flux (personnel, visiteurs et livraisons), avec le parking
et le quai de livraison, regroupés
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