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d'Architectures n° 138
- 06/04
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L'un est connu, il vient de Suisse, l'autre, français, l'est moins. L'aîné a collaboré avec les plus grandes stars de l'architecture et de l'ingénierie, le benjamin a fait ses premiers pas d'architecte dans l'agence dont il est devenu l'associé. Le premier rencontre son épouse française chez Piano-Rogers, sur le chantier de Beaubourg, Le second se marie avec une Zurichoise, architecte depuis onze ans au bureau parisien de Renzo Piano. Leurs parcours se rejoignent, en 1998, pour mener des projets en France, Autriche, Suisse, tout en permettant à Cuno Brullmann d'assumer ses responsabilites professeur à l'Ecole Polytechnique de Vienne.
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L'agence est nichée au rez-de-chaussée
d'une cour du 5ème arrondissement de Paris, à deux pas
de la place Monge. Le lieu est calme, ordonné. Une façade
vitrée toute hauteur au dessin japonisant, de longues tables
en épis, au fond, une paroi file, entièrement lumineuse.
Cet aménagement est déjà une déclaration
d'intention utilisation de la lumière naturelle et artificielle
comme matériau essentiel au bien-être de l'homme dans l'architecture,
transparences et réflexions pour amplifier les perspectives,
clarté de l'organisation du plan. Sous la houlette du chef d'agence
Daniel Durassier un fidèle parmi les fidèles, une quinzaine
de personnes, d'une dizaine de nationalités différentes,
travaillent ici. Ce cosmopolitisme tient sans doute à la conviction
ancrée dans l'esprit de Cuno Brullmann, lui-même polyglotte,
que le maniement de plusieurs langues et le mélange des cultures
est le passage obligé pour saisir la complexité du monde
contemporain.
Chez les Suisses, le voyage fait partie de la formation. Dès l'âge de 21 ans, Cuno Brullmann s'échappe de son petit pays pour entreprendre un tour du monde - ou presque. LesPays-Bas d'abord, le Japon ensuite, où il travaille près d'une année et où il se familiarise avec la flexibilité modulaire de l'espace domestique traditionnel. Puis ce seront les Etats-Unis, où il visite systématiquement les oeuvres de Wright et de Mies van der Rohe. Enfin, en 1970-71, après avoir terminé ses études à l'ETH de Zurich, il débarque en Angleterre. A l'agence d'ingénierie et d'architecture Arup Associates, filiale d'Ove Arup and Partners, il découvre une organisation très efficace du travail pluridisciplinaire. Chaque membre de l'équipe... |
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...joue strictement son rôle dans une complémentarité
active avec les responsabilités bien définies de l'autre...
Sa rencontre avec Richard Rogers le conduit ensuite jusqu'à Gênes,
dans l'agence de Renzo Piano, l'associé de ce dernier où
il assume un rôle important, puis à Paris, sur le chantier
du Centre Beaubourg. Là, il a la charge des espaces en communication
avec la Ville, depuis la piazza jusqu'à l'aménagement
du rez-de-chaussée, de l'ancien forum et des salles en sous-sol.
Des espaces flexibles |
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emploi d'une gradation de l'intensité lumineuse
pour contribuer à l'orientation utilisation systématique
de la signalétique signée, comme bien des projets de l'agence,
de l'ami graphiste Jean Widmer couleurs claires du sol et des murs...
En 1993, l'agence Brullmann-Fougeras LavergnolLe est au creux de [a vague et les deux associés décident de se séparer. Jean-Luc Crochon part monter sa propre structure àSuresnes. Commence alors une période très formatrice pour le jeune architecte. IL devient consultant chez RFR Peter Rice, chargé du dessin des pièces de façades. C'est une plongée dans la culture du boulon, La familiarisation avec les secrets de la technologie de La construction mécanique, l'entrée dans L'échelle 1/1 et le détail grandeur. Il réalise pour son propre compte des projets d 'aménagements intérieurs pour Air France, le Bureau des voyages de l'Assemblée nationale, qui le fait connaître, un petit ensemble de logements à Montreuil, une maison... Une architecture humaniste
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